L’histoire du Parti socialiste, c’est donc l’histoire d’un combat, inlassable et patient, pour faire reculer l’impossible et transformer radicalement la société. Cette histoire, depuis la fondation du POB en 1885, est jalonnée de victoires majeures qui ont changé la vie de toutes et tous.
Ce combat est loin d’être achevé, et aucune conquête n’est définitivement acquise, comme l’atteste la période de régression imposée par les droites. Mais ces victoires montrent qu’il est possible de triompher du conservatisme des privilégiés et nous indiquent la voie à suivre pour imposer le progrès.
Voici quelques exemples de ce qu’a permis la détermination des socialistes.
Comme préalable à toutes les autres conquêtes, les socialistes se sont battus pour garantir le droit de vote de tous, de manière égalitaire : par le suffrage universel tempéré par le vote plural en 1893, le suffrage universel pur et simple en 1919 (étendu aux femmes en 1948), l’abaissement à 18 ans de l’âge de l’électorat (1981) et l’extension du droit de vote aux élections communales pour les résidents européens et non européens (2004).
Avec la loi sur la liberté d’association de 1921, portée par Joseph Wauters, les socialistes ont imposé la liberté syndicale, consacrée en 1951 par la ratification de la convention internationale de San Francisco. Avec le syndicat, ils ont obtenu la création des commissions paritaires (à partir de 1919), des conseils d’entreprise, la loi sur les conventions collectives de travail et les commissions paritaires (1968), ainsi que la convention collective sur la délégation syndicale (1971). En 1996, la Belgique est aussi devenue le premier pays du monde à instaurer un bilan social pour la majorité des entreprises.
Le PS s’est également illustré comme le grand parti des travailleurs en arrachant, étape après étape, l’assurance obligatoire pour les ouvriers en cas d’accident du travail (1887-1990), la réglementation du travail des femmes et des enfants (1889), ainsi que les lois sur les accidents du travail (1903), le règlement du travail (1965) et les contrats de travail (1978).
Ce combat pour améliorer les conditions de travail et la vie des travailleurs a aussi porté sur le temps de travail, ramené à 12 heures par jour en 1889, avec pour étape essentielle la conquête de la journée de 8 heures et des 48 heures par semaine en 1921 (Joseph Wauters), réduites à 45 heures en 1958 puis à 38 heures en 2003.
En matière de congés, la loi sur le repos dominical a été conquise en 1905 sous la pression de la FGTB. La loi de 1936 a assuré aux travailleurs six jours de congé par an, passés à douze en 1938, pour arriver à trois semaines en 1963 et quatre semaines en 1975.
Le PS, c’est aussi la protection de la rémunération des travailleurs, rendue en partie insaisissable, et la garantie d’un salaire mensuel aux ouvriers et employés en cas d’incapacité de travail résultant d’une maladie ou d’un accident. C’est surtout l’indexation automatique des salaires, appliquée depuis la loi de 1948 (Joseph Wauters), qui garantit aux travailleurs, mais aussi aux pensionnés et aux allocataires sociaux, que leurs revenus augmenteront automatiquement pour suivre l’évolution du coût de la vie.
C’est aussi la protection au travail, avec l’instauration du Comité de sécurité et d’hygiène (1952), devenu Comité pour la prévention et la protection au travail (1996), et la loi relative à la protection contre la violence et le harcèlement moral ou sexuel au travail (2002).
Sur la base des premiers jalons posés dès le début du siècle, le PS a conquis, à l’initiative de Léon-Eli Troclet, l’arrêté-loi du 28 décembre 1944 instaurant la sécurité sociale : un système complet d’assurance basé sur la contribution financière des travailleurs, des employeurs et de l’État. Elle compte aujourd’hui cinq secteurs : l’assurance vieillesse, l’assurance maladie-invalidité, les allocations familiales, les allocations de chômage et les vacances annuelles.
Depuis, le PS n’a cessé de se battre pour la développer. Une loi de 1963 (Leburton) a ainsi organisé un régime d’assurance obligatoire contre la maladie et l’invalidité. Des interventions renforcées ont ensuite été assurées aux publics les plus fragiles (statuts BIM et Omnio). Créé en 2002, le maximum à facturer (MAF) garantit qu’un ménage ne devra pas, en un an, dépenser plus qu’un certain montant — déterminé en fonction des revenus — pour ses frais médicaux. En 2008, le système a intégré les petits risques dans l’assurance obligatoire pour les indépendants.
À côté du développement du régime des allocations familiales, fondé dès 1930, le congé de maternité des travailleuses a été organisé à partir de 1971. Le congé de paternité a été instauré en 2001 et doublé en 2023, passant à vingt jours pour tous les coparents.
Par ailleurs, un système de pensions a été développé, depuis la première loi sur les pensions de vieillesse conquise par la FGTB en 1895, et consacrée et généralisée par la loi sur l’assurance pension obligatoire pour les travailleurs de 1924. La pension minimum et la garantie de revenu aux personnes âgées constituent le socle d’un système qui doit assurer à chacune et chacun la possibilité de mener une existence conforme à nos standards de développement, tout au long de sa vie : un combat pour l’âge du départ à la retraite et le montant de la pension qui reste plus que jamais d’actualité.
À l’origine de l’inscription des droits économiques et sociaux dans la Constitution en 1994 (art. 23), le PS n’a cessé d’agir pour les concrétiser, notamment en matière de logement. À l’initiative de la loi sur les loyers et de la création de la Société nationale des habitations et logements à bon marché en 1920, son action constante a été déterminante pour le développement du logement public, l’accès à la propriété par le crédit social et le renforcement des droits des locataires.
De même, les socialistes font une priorité de l’accès de tous au sport et à la culture, et se sont toujours tenus aux côtés de leurs acteurs : depuis la loi sur les bibliothèques publiques adoptée à l’initiative de Jules Destrée en 1921, jusqu’au statut des travailleurs des arts obtenu en 2024, en passant par le soutien régional à l’industrie culturelle.
Parallèlement, les socialistes se sont battus sans relâche pour la justice fiscale, depuis l’instauration de l’impôt progressif après-guerre jusqu’à aujourd’hui, pour assurer une juste imposition du capital par rapport au travail et exiger de tous une contribution équitable aux charges collectives. Un combat plus que jamais d’actualité face aux inégalités criantes qui affectent le monde et nos pays.
Les socialistes n’ont cessé de se battre pour affirmer et concrétiser l’égalité entre les femmes et les hommes. La première femme à siéger au Parlement, en 1921, fut cooptée par le POB (Marie Spaak-Janson), et la première femme élue députée, en 1929, était également socialiste (Lucie Dejardin). L’application de traitements égaux pour les instituteurs et les institutrices (1921) fut le premier pas officiel vers l’égalité salariale, qui est restée un combat permanent. En 2002, l’insertion d’un article 11bisdans la Constitution a consacré l’accès égal des femmes et des hommes aux mandats électifs et publics, et la parité obligatoire sur les listes électorales a été introduite à l’initiative de Laurette Onkelinx.
Le PS est aussi à l’origine de la reconnaissance du planning familial en 1970 et a arraché, à force de persévérance, la loi du 3 avril 1990 dépénalisant l’avortement sous certaines conditions. Une victoire obtenue de haute lutte par les progressistes, mais qui reste à confirmer ; ce que défend le PS par des propositions visant à inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution, à assurer sa dépénalisation totale, à allonger le délai légal pour avorter, à supprimer le délai d’attente obligatoire et à reconnaître l’IVG comme un soin médical à part entière afin d’en améliorer l’accès pour toutes. Le PS est également à l’initiative de la loi relative à la procréation médicalement assistée, entrée en vigueur en 2007, ainsi que de la loi sur l’euthanasie, votée en 2002.
Promoteur de la liberté des choix de vie, les socialistes ont été à l’initiative de lois avant-gardistes sur la cohabitation légale (1998), le mariage des personnes du même sexe (2003) et l’adoption par les couples de même sexe (2006).
En matière de lutte contre les discriminations, on doit également aux socialistes la loi précurseur du 30 juillet 1981 tendant à réprimer certains actes inspirés par le racisme et la xénophobie (dite « loi Moureaux »), prolongée par la loi du 25 février 2003 qui interdit tout type de discrimination, qu’elle soit fondée sur la prétendue race, l’âge, l’orientation sexuelle, le handicap, etc.
Défenseur de la laïcité de l’État, le PS a contribué au financement public du Centre d’action laïque en 1981, ouvrant la voie à la reconnaissance constitutionnelle de la laïcité en 1993 (article 181) et au vote de la loi de 2002 portant sur la reconnaissance légale et le financement public du Conseil central laïque, mettant la laïcité organisée sur le même pied que les cultes reconnus par le législateur.
Enfin, le PS a été, depuis l’origine, un acteur majeur de la réforme de l’État, qui a permis de garantir les droits des francophones face à la majorité flamande (parité au Conseil des ministres fédéral, lois spéciales, sonnette d’alarme…) et de doter la Wallonie d’une représentation politique autonome, centrée sur ses besoins et ses réalités. Ce combat a notamment permis de consacrer Namur comme capitale de la Wallonie et siège de ses institutions.
Le bilan est impressionnant… mais les défis restent colossaux.
Le combat continue, et le PS est là pour les mener !